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Détail

Frank Schramm, 1 octobre, 2001 (#4) © Frank Schramm. Courtesy Musée de l'Elysée, Lausanne

Frank Schramm, 2 octobre, 2001 (#2) © Frank Schramm. Courtesy Musée de l'Elysée, Lausanne

Frank Schramm, Stand-ups – Reporting Live from Ground Zero

13.09.201120.11.2011

A l’occasion de la commémoration des dix ans des attentats du 11 septembre 2001, le Musée de l’Elysée présente une série inédite de Frank Schramm, Stand-ups – Reporting Live from Ground Zero. Aucun aperçu des tours jumelles détruites, des gravats amoncelés, des ruines poussiéreuses, des foules hagardes et choquées n’apparaît dans ces images : le photographe new-yorkais s’est focalisé sur les journalistes de télévision gravitant autour de l’événement, au cours des huit semaines qui ont suivi les attentats.

La série fait office de manifeste : le terrorisme – et les conflits internationaux qui en découlent – ne pourrait exister sans le rôle prépondérant joué par les médias et les images qu’ils diffusent. L’exposition rappelle que les journalistes se trouvent à l’interstice de plusieurs rôles, qu’ils endossent parfois malgré eux.

Des gros plans sur leur visage concentré, tendu, se dégagent d’abord l’émotion et l’angoisse des premiers témoins de la tragédie, dont fait partie Frank Schramm : « l’appareil photographique était sans doute une manière de surmonter mon émotion », explique-t-il. Les journalistes sont avant tout les spectateurs du premier rang, confrontés au choc des attentats, qu’ils doivent, comme le reste du monde, tenter d’assimiler. Mais les visages hyper maquillés, les dernières retouches avant le direct, la lumière artificielle et les podiums improvisés rappellent que l’immense médiatisation de cette tragédie est aussi une aubaine professionnelle pour certains reporters. Et une opportunité économique pour tous les médias, la plupart des journaux ayant doublé leurs tirages les jours suivant le 11 septembre.

L’exposition Stand-ups – Reporting Life from Ground Zero de Frank Schramm donne au Musée de l’Elysée l’opportunité d’une nouvelle collaboration avec le Pôle de Recherche National en Sciences Affectives de l’Université de Genève. Mondialement reconnu, le PRN Sciences Affectives est le premier centre national de recherche au monde dédié à l’étude interdisciplinaire des émotions et de leurs effets sur le comportement humain et la société. Dans une publication de 24 pages, éditée à l’occasion de l’exposition et distribuée gratuitement à l’entrée du musée, les chercheurs du PRN Sciences Affectives livrent leur analyse des images de Frank Schramm à travers le prisme des émotions. Spécialisés dans des domaines aussi variés que la psychologie, la neurobiologie ou la philosophie, ils apportent une dimension inédite à ces images particulièrement chargées d’émotions et d’histoire.