Histoire du bout du monde en scrutant l'horizon

Mathias Velati

Le livre propose un dialogue inédit entre textes et images. A partir de vingt-cinq photographies anonymes issues des collections du Musée de l'Elysée, l'auteur a composé autant de textes, qui entrent en résonance avec elles. Sans être illustratifs, poétiquement, ils leur répondent ou les contredisent : ils s'en font le prolongement. L'auteur, à la manière de l'OULIPO, s'est imposé de plus pour chaque texte une contrainte, formelle ou thématique, qu'il appartient au lecteur de déceler. A travers ses textes, il nous invite à un voyage imaginaire : un itinéraire photographique à travers un océan de mots. Le lecteur en ressort frappé et ému par la puissance poétique de la langue de Mathias Velati, qui n'est pas sans rappeler les grandes œuvres surréalistes.

Histoires du bout du monde en scrutant l’horizon
Mathias Velati

Publié par le Musée de l’Elysée
Décembre 2015
140 x 195 mm
176 pages
Hardcover, dos carré cousu, cartonné toilé
25 photographies anonymes
Version française
    
Prix CHF 35.-  
IBSN : 978-2-88350-110-2

Distribution :
Suisse : OLF
International : Ideabooks

Mathias Velati est né à Morges en 1993. En 2012, il intègre Passerelle Culturelle, programme de formation spéciale et de stages professionnels dans le domaine de la culture, piloté par " La Passerelle ", école d'enseignement spécialisé de l'Institution de Lavigny et le Musée de l'Elysée. Pendant trois ans, il travaille au sein du musée, apportant son soutien à chaque département : il collabore au montage des expositions, crée des visites guidées, travaille à la numérisation de photographies et de documents, et aide l'accueil et la librairie dans diverses tâches. Passionné d'art et de géographie, il écrit énormément : de nombreux cahiers manuscrits, doublés de documents numériques, forment déjà une œuvre conséquente. Histoires du bout du monde en scrutant l'horizon est sa première publication.

Extrait du livre

Une grande marée s'était levée, les mouettes étaient déjà là prêtes. Les vagues déferlaient pourtant le temps ne s'adoucissait point, il levait sa main, droite et fière, comme s'il était derrière la Galère. Dans ses narines il sentait l'odeur du sel marin. Dans sa cabine un vieux capitaine observe la photographie et se souvient. Les bateaux devaient avoir peur de l'eau qui bougeait dans tous les sens, jusqu'à ce qu'on sente la déferlante et qu'on puisse la surfer, et divaguer sans se presser. Il faut voir les choses en face quand l'eau remonte à la surface et regarder nostalgiquement depuis son navire les nuages sur la plage, pour tourner la page. La tempête est prête sur la surface de l'océan, elle peut se déchaîner à tout instant sur les récifs de corail avec des tonnes d'algues. On voudrait enfoncer des coquillages dans la mer et faire un concours de ricochets, ou avaler des sardines grillées et passer dans des beaux endroits ensablés pour croiser des vacanciers qui vont pêcher à la ligne. Si on rencontre un requin on ne pourra plus faire son malin, c'est de ça qu'ont peur les surfeurs car à toute heure peut arriver un malheur. Au-dessus des reflets du soleil passent les aigles et le temps. Ça fait bizarre lorsque la terre disparaît au début. On entame la traversée.

Anonyme, Portrait de Vladimir Siomin, photographe russe épreuve au gélatino-bromure d’argent, 17 x 23 cm © Musée de l'Elysée