Vos plus beaux souvenirs de la Nuit des images

Résultat du concours organisé par le Musée de l’Elysée et UBS

Nuit des images 2015 © Andrée Meister

Dix ans après la première édition de la Nuit des images qui a eu lieu en juin 2011, le Musée de l’Elysée et UBS, partenaire principal de cet événement emblématique, ont souhaité organiser un concours de photographies ouvert à toutes et à tous autour du thème Vos plus beaux souvenirs de la Nuit des images.

Nous vous remercions pour vos nombreuses contributions et avons le plaisir d’annoncer l'identité de la grande gagnante : Andrée Meister de la Chaux-de-Fonds ! Elle a su convaincre notre jury à travers un témoignage émouvant de sa première rencontre avec la photographe Sabine Weiss lors de la Nuit des images 2015. Félicitations !

Le souvenir d'Andrée Meister : "Mon souvenir de 2015"

"Cette nuit-là, je ne savais pas du tout ce qui m’attendait. D’habitude, je lisais le programme à l’avance, je savais ce que je désirais voir. Mais ce 27 juin, j’avais appris au dernier moment qu’il y avait la Nuit des images et j’avais sauté dans le train.

A peine arrivée, je pénètre dans la tente blanche. Les livres de photos sont exposés, les éditeurs sont là, la foule aussi. De l’autre côté vers la sortie : une table sans public, une personne âgée assise et personne autour d’elle.
Elle a des yeux bleus, vifs, un air sympathique.
A son âge, s’occupe-t-elle encore d’une maison d’édition ?
"Non, non" me dit-elle, "je suis photographe."
Je lui demande si les livres sont composés de ses photos.
"Oui, oui."
Ensemble, on feuillette les pages. Je veux voir ses photos préférées. Je lui explique les miennes. Je veux savoir si elle est suisse. Elle me dit être originaire de Genève. Plus notre conversation avance, plus je pense à ma minuscule maman avec la même force, la même tendresse et un enthousiasme identique. Je lui parle de ma maman qui a aussi vécu dans un petit village à côté de Genève, avant la guerre. Elle connait ce village, son père y travaillait.
Je lui achète un livre ; elle m’écrit une dédicace en rapport avec notre discussion. Je la quitte à regret. Autour d’elle, trois jeunes femmes sont là et leurs regards vers elle débordent aussi de tendresse.

Je sors de la tente, je consulte le programme de la nuit et à cet instant… Je suis dans mes petits souliers ! J’apprends que Sabine Weiss est la vedette de la soirée, qu’elle va présenter ses photos sur le grand écran et les commenter. Je me sens gênée de n’avoir pas connu le nom de Sabine Weiss. Je suis mal à l’aise d’avoir discuté si naïvement avec elle. En fait, je suis aussi heureuse. Si j’avais su cela, je n’aurais pas osé l’aborder ainsi.    

Puis, je vais, à la nuit tombée, l’écouter avec les autres nombreux spectateurs. Sous la tente, j’avais découvert sa douceur, son ouverture aux autres, sa joie de vivre, Là, je vois son énergie, son humour, son aisance à captiver un public, son élégance. Je découvre son parcours de vie.

J’ai souvent pensé à cette rencontre. Sabine Weiss, en me donnant sa carte de visite, m’avait dit : "Si vous venez à Paris, téléphonez-moi, venez me voir."
J’ai souvent hésité.
Je n’ai jamais osé..."


Partenaire

Pendant la fermeture du Musée de l’Elysée en vue de son déménagement à PLATEFORME 10, UBS soutient le journal en ligne L’Elysée hors champ, réalisé en partenariat avec Le Temps.