Les procédés photographiques en question

Conférence enregistrée le 16 juin 2016 au Musée de l'Elysée

Dans le cadre de l'exposition La Mémoire du futur. Dialogues photographiques entre passé, présent et futur, le Musée de l'Elysée invite Martin Becka, Anne Cartier-Bresson et Joan Fontcuberta pour une table ronde dédiée aux procédés photographiques. Depuis quelques années, on assiste à un regain d'intérêt pour les anciens procédés photographiques tant du point de vue de la conservation que de la production artistique.

Intervenants

  • Tatyana Franck, directrice du Musée de l’Elysée et commissaire de l’exposition La Mémoire du futur. Dialogues photographiques entre passé, présent et futur
  • Anne Cartier-Bresson, directrice de l’Atelier de Restauration et de Conservation des Photographies de la Ville de Paris (ARCP)
  • Joan Fontcuberta, artiste photographe
  • Martin Becka, artiste photographe


Anne Cartier-Bresson

Conservatrice générale du patrimoine, Anne Cartier-Bresson est responsable de la section Photographie du Département des restaurateurs de l’Institut national du patrimoine (Inp), ainsi que directrice de l’Atelier de Restauration et de Conservation des Photographies de la Ville de Paris (ARCP) qu’elle a fondé en 1983. L’ARCP met en oeuvre la politique de préservation et de valorisation du patrimoine photographique municipal.

Anne Cartier Bresson est également l’auteure de nombreuses publication relatives à l’histoire matérielle, la conservation et la restauration des photographies et a dirigé Le Vocabulaire Technique de la Photographie publié en 2008.

S’appuyant sur son travail d’analyse des images et des collections, la conservatrice fera le point sur la nécessité de l’adoption d’une terminologie commune aux divers acteurs du champ de la photographie, renforcée par le contexte de mutation des modes de fabrication et d’utilisation des images.


Joan Fontcuberta
L’artiste conceptuel Joan Fontcuberta, né en 1955 à Barcelone, est bien connu pour ses oeuvres comme Fauna (1985-1989) ou Sputnik (1997) qui examinent la
véracité de la photographie. En manipulant l’image photographique, son oeuvre interroge les frontières entre réel et documentaire.

Dans ses derniers projets, il s’intéresse à la nature et fonction de l’image dans la culture numérique. Parallèlement à son activité de photographe, il s’adonne également aux domaines de l’enseignement, de la critique d’art et de l’organisation d’expositions.
Pour son oeuvre Googlegamme: Niépce (2005), présentée dans l’exposition, l’artiste reprend une photographie emblématique de l’histoire de cette technique qu’il retravaille sous forme de mosaïque. Il reconstitue cette image à partir d’un millier de petites photographies trouvées sur Google en tapant comme requête les mots « foto » et « photo ». Il s’agit ici de faire une critique ironique de la croyance selon laquelle les gens partagent sur Internet une « conscience universelle, exhaustive et démocratique ».

Cette conférence sera l’occasion pour Joan Fontcuberta de parler de son tout récent ouvrage, Die Traumadeutung, édité par la Fundación María Cristina Masaveu Peterson de Madrid - un ouvrage qui vient de gagner le Prix PhotoEspaña 2016 du meilleur livre photographique espagnol de l’année.


Martin Becka
Né en 1956 à Brno (République Tchèque), Martin Becka vit et travaille en banlieue parisienne. Dans les années 1980, il s’intéresse à l’histoire de la photographie et de ses procédés préindustriels et débute son activité de photographe. En confrontant dans son travail la modernité des sujets choisis avec une technique et un rendu emprunté aux anciens procédés photographiques, ses images se perdent dans un espace-temps incertain et questionnent de près notre présent. Parallèlement à son activité de photographe, Martin Becka enseigne les procédés relatifs aux négatifs sur papier à l’Institut national du patrimoine (Inp).

Dans son installation Le Parc (2002), présente dans l’exposition, il propose un dialogue avec le travail photographique du français Alfred-Nicolas Normand (1822-1909) qui documente les jardins romains. Les images qui composent l’installation de Martin Becka sont des négatifs sur papier ciré et des tirages positifs sur papier salé.

Pour la réalisation de son travail sur Dubaï (2008) qu’il présentera au cours de la conférence, l’artiste a utilisé un dispositif technique similaire. La quarantaine de photographies qu’il a retenue pour documenter le gigantisme contemporain de cette cité paraissent ressurgir du passé. Présentées sous forme de vidéo, une des mises en espaces retenues pour cette série, elles semblent « plier le temps dans tous les sens ».

Vidéos des conférences

Retrouvez toutes les vidéos des conférences en ligne sur le site du Musée de l'Elysée.

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