Numérisation - Artmyn

Après avoir lancé en 2014 une campagne de numérisation de ses livres de photographie, le Musée de l’Elysée continue d’explorer les techniques de dématérialisation de son patrimoine visuel à des fins de préservation et de valorisation. Initié en 2015 grâce au fonds de soutien Engagement Migros, un ambitieux projet de numérisation en trois dimensions place le musée au cœur de l’innovation muséale.

Ce projet pionnier vise à proposer aux différents publics – qu’ils soient amateurs de photographie, conservateurs ou encore chercheurs – de nouvelles expériences collaboratives et interactives autour des collections. En partenariat avec la start-up Artmyn issue du Laboratoire de communications audiovisuelles (LCAV) de l’EPFL, dirigé par le professeur Martin Vetterli, le public est invité à tester les premières numérisation 3D.

Il ainsi possible de visualiser les œuvres avec une précision jamais atteinte, mais surtout, de faire apparaître sur écran les différentes textures qui les composent, cela en ré-illuminant sous n’importe quel angle les répliques digitales.

Cliquez sur une des œuvres ci-dessous pour démarrer l'exploration (requiert un navigateur récent).


Jean Tinguely, "Le Cyclope", Milly-la-Forêt, France, 1972

René Burri

Epreuves au gélatino-bromure d'argent, 21.6 x 30 cm
Déposé au Musée de l’Elysée

Pour une durée de 20 ans reconductible, le Musée de l’Elysée détient l’essentiel de l’œuvre du photographe suisse René Burri (1933-2014). Membre de l’agence Magnum dès ses 26 ans, il témoignera avec intelligence et justesse, tout au long de sa carrière, des événements marquants de son temps. A côté de son travail aux sujets souvent imposés, René Burri photographie également pour lui-même, laissant libre cours à son imagination. Il raconte que la pratique du collage lui est venue pour gérer son angoisse de l’avion. Avec cette pratique artistique, Burri élabore ses propres compositions graphiques en découpant, déchirant et assemblant ses photographies. Le photocollage de René Burri présenté ici évoque la construction du Cyclope de Jean Tinguely. Réalisé dans la forêt de Milly, en France, cette installation monumentale de béton et de fer résulte d’un travail collaboratif de plusieurs années entre le sculpteur suisse, sa femme Niki de Saint-Phalle et une quinzaine d’artistes issus du groupe des Nouveaux Réalistes.

© René Burri / Magnum Photos Fondation René Burri courtesy Musée de l'Elysée

Charles and Mathilde Horngascher-Odier, 1845

Jean-Gabriel Eynard

Daguerréotype, 11 x 12.6 cm (image: 6 x 7.3 cm)

Mis au point par le photographe Louis-Jacques Mandé Daguerre (1787-1851) en 1839, le daguerréotype est l’un des premiers procédés photographiques. L’image est réalisée sur une plaque de cuivre recouverte d’un plaqué d’argent poli comme un miroir et sensibilisée aux vapeurs d’iode. Elle est ensuite développée au vapeur de mercure, puis fixée. L’image ainsi obtenue est d’une résolution exceptionnelle. Après l’annonce de sa découverte, l’invention de Daguerre fait l’objet de plusieurs améliorations. Dès 1840, l’image est virée à l’or après fixage, afin de la stabiliser. Le daguerréotype a la particularité de produire une photographie unique : pour en obtenir une seconde identique, il faut refaire une prise de vue ou photographier le daguerréotype. En outre, selon l’angle d’observation l’image apparaît soit en négatif soit en positif.
Les daguerréotypes sont habituellement présentés sous cadre ou en écrin afin de protéger leur surface des abrasions et des oxydations. Principalement utilisé pour les portraits, le daguerréotype nécessite lors de la prise de vue une importante source lumineuse et un long temps de pose, perceptible dans les expressions figées des modèles. Très coûteux, le daguerréotype sera peu à peu remplacé par le négatif au collodion vers 1850.

Portrait de soldat durant la guerre de Sécession (1861-1865)

Anonyme

Ferrotype format, 17.5 x 12.5cm

Présenté en France par le photographe et physicien Adolphe-Alexandre Martin (1824-1896) en 1852, le ferrotype est une épreuve positive sur plaque de métal. Une plaque de fer blanc très fine est enduite d’un vernis foncé qui, une fois sec, est recouvert de collodion (préparation obtenue par la dissolution de nitrate et de cellulose dans un mélange d’éther et d’alcool) ou, dès le XXe siècle, de gélatino-bromure d’argent. La plaque est ensuite sensibilisée au nitrate d’argent. Après la prise de vue, la plaque est développée, puis fixée. Elle est ensuite vernie afin d’éviter les abrasions. Si le ferrotype appartient à la catégorie des positifs, l’image produite est en réalité un négatif. Cet effet résulte des grains d’argent qui forment l’image : plus clairs que la couche de vernis noir devant laquelle ils sont placés, ils donnent au ferrotype l’apparence d’un positif.
Contrairement au daguerréotype, le ferrotype est un procédé rapide, facile d’utilisation et bon marché. Il était donc particulièrement prisé des marchands ambulants pour des portraits ; certains le considèrent ainsi comme l’ancêtre du photomaton. Sous l’appellation anglaise « tintype », le ferrotype était très répandu aux Etats-Unis entre 1856 et la fin du XIXe siècle.


Partenaires

Ce projet de numérisation pionnier reçoit le généreux soutien du fonds de soutien Engagement Migros, partenaire innovation du Musée de l’Elysée.

La numérisation 3D est réalisée en collaboration avec Artmyn.

Procédé de numérisation

La technique de numérisation mise au point par Artmyn se présente sous la forme d’un scanner composé d’une coupole sur laquelle sont fixées plusieurs petites lampes d’une intensité finement réglée, lesquelles s’allument et s’éteignent à tour de rôle, au gré de chaque prise d’image numérisée.

Le rendu se fait dans un navigateur Internet et permet de visualiser les œuvres avec une précision jamais atteinte, mais surtout, de faire apparaître sur écran les différentes textures qui les composent, cela en ré-illuminant sous n’importe quel angle les répliques digitales.

«Nous sommes de retour à la théorie antique de la vision, qui postulait de la projection de l’œil vers le monde, permettant au spectateur de redevenir acteur de l’expérience photographique», souligne Martin Vetterli dans le catalogue de l’exposition La mémoire du futur (2016).

Un travail préparatoire avec le département des collections a permis de sélectionner des procédés qui bénéficieraient le plus de cette numérisation - héliogravure, ambrotype, ferrotype, collage et épreuve au charbon.