Ella Maillart

Ab 05 Juni 1990 um 26 August 1990

Itinéraires

Ella Maillart, Peter Fleming, Chine, 1934

Douée d'une énergie extraordinaire et d'une intelligente curiosité, Ella Maillart a su donner des réponses humaines et personnelles à ses révoltes face aux préjugés et à l'exclusion. Après des rêves de mer, elle entreprend un premier voyage terrestre à Moscou en 1930, qui la met définitivement sur la longue route de l'Orient et décide de sa carrière d'écrivain et de photographe.|

Lorsqu'on jette un regard rétrospectif sur la vie d'Ella Maillart, rien ne semble être dû au hasard. Son premier voyage fut financé par la veuve de Jack London, rencontrée par hasard à Berlin. Elle fit ses premières photographies avec des déchets de pellicule donnés par le grand cinéaste soviétique Vsevolod Poudovkine, qui lui prodigua conseils et encouragements. Son premier Leica lui fut offert par le Dr. Leitz en personne, impressionné par les images qu'elle ramenait, en toute modestie, du Turkestan russe.

Elle pratiqua une forme de reportage libre et mobile, caractérisée par une esthétique sobre, immédiate, qui laisse à l'esprit sa liberté et au regard son acuité. Si ses photographies ont souvent un caractère ethnologique, elles ne donnent jamais l'impression d'avoir été volées. Elles témoignent avant toute chose d'une certaine forme d'échange et d'un sentiment de respect, qui contribuent pour une grande part à leur beauté.

Ella Maillart a vécu selon son goût de la différence. Evitant le reportage rapide ou superficiel, elle s'est immédiatement tournée vers le livre, plus apte à rendre substantielle l'expérience toujours approfondie de ses rencontres. Elle incarne cette nouvelle génération de femmes indépendantes qui deviennent dans les années trente photographes, écrivains et journalistes, telles Marianne Breslauer, Gerta Taro ou son amie Annemarie Schwarzenbach.

Avant sa récente disparition, Ella Maillart a été très proche du Musée, auquel elle a légué toutes ses photographies, films et archives (environ

dix-sept mille négatifs). L'hommage que nous lui rendons montre une fois encore la qualité de regard et l'originalité qui caractérisent sa personnalité. Au-delà de la nostalgie obligée des sujets, ses photographies touchent à l'essence de l'être humain et illustrent l'intérêt incontournable qu'elle a toujours eu pour les autres.

Ella Maillart, La fontaine royale, Balaju, 1961

Ella Maillart, Kaléidoscope, foire du village, Wejang, 1934

Ella Maillart, Marché libre de Turkul, Ouzbékistan, URSS, 1932

Ella Maillart, Nomade kirghize, Ouzbékistan, URSS, 1932

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