Näkki Goranin

Disponible au sein de l’espace public, la cabine photomaton devient, grâce à son rideau qui atteint le sol, un lieu privilégié pour immortaliser spontanément tous les désirs et envies, et plus particulièrement les baisers. Seul témoin de la scène, et ne créant pas de négatif mais seulement une épreuve unique, la machine garantit une certaine discrétion. L’artiste américaine Näkki Goranin collectionne les portraits photomatons depuis une quinzaine d’années et s’inspire de ce procédé pour ses propres oeuvres. En 2008, elle révèle l’importance de sa collection avec la publication American Photobooth, le premier ouvrage consacré aux portraits photomaton. Elle y présente le caractère très intime commun à de nombreux portraits, décrivant comment les utilisateurs « were stripping off their clothes for the private photobooth camera » [se mettaient à poil dans l’espace privé du photomaton]. Et dans les années 1980, la longueur du rideau a dû être réduite de moitié pour des raisons de sécurité et de moralité. (Image : Couple with a Man with "inked-hand drawn" moustache [Couple avec un homme avec une moustache dessinée à l'encre] © Collection Näkki Goranin)