Arnulf Rainer

À partir de la fin des années 1960, les mouvements d’avant-garde (artistes, écrivains, réalisateurs) développent une pratique photographique plus conceptuelle et utilise le médium pour enregistrer ses performances artistiques. En 1968-1969, Arnulf Rainer, artiste autrichien formé dans le contexte de l’actionnisme viennois, choisit le photomaton pour documenter ses explorations physionomiques afin de créer un répertoire d’expressions extrêmes ignorées par la société. Rainer s’est beaucoup intéressé au surréalisme et applique pour cette série d’autoportraits ce même principe d’automatisme. En ayant recours à cette technique sans opérateur, il nie un peu son statut d’auteur. De la même manière qu’il mêle dessin et photographie, Rainer associe deux modalités de représentation apparemment contradictoires : l’intensité de sa performance contraste avec le caractère automatique du mode d’enregistrement ; une référence directe aux actionnistes viennois et leur tentative de dépassement de l’expressionnisme abstrait américain. (Image : Sans titre (Automatenportraits-Portraits automatiques)© Arnulf Rainer / Courtesy Galerie m Bochum)