Anita Cruz-Eberhard

Le photomaton incarne pour l’artiste américaine Anita Cruz-Eberhard la période de son adolescence. Si la cabine photomaton était un lieu de récréation où elle se retrouvait avec ses amis, son utilisation correspond aussi à la nécessité de faire ses premières photographies d’identité officielles. Cette compilation de portraits constitue en quelque sorte une archive de son évolution identitaire, parfois angoissante au sein de la société. Pour Stitched Faces, Red [Visages cousus, rouge], Anita Cruz-Eberhard réalise un montage cousu de nombreux et divers photomatons d’elle-même afin de révéler une personnalité plus complexe que celle représentée sur ses portraits d’identité. L’artiste présente aussi l’alternative d’une possible intervention sur cette image standardisée et quelque peu contrainte, en cousant de fil rouge tous les regards de ses portraits. Elle s’approprie le dispositif pour exprimer un processus personnel de construction ou reconstruction identitaire, état déjà expérimenté et inhérent à l’adolescence. (Image : Stitched Faces, Red [Visages cousus, rouge] © Anita Cruz-Eberhard)